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# 50% des titres uploadés sur les plateformes de streaming sont créés par IA générative.
- URL: https://www.aarchive.online/50-des-titres-uploades-sur-les-plateformes-de-streaming-sont-crees-par-ia-generative/
- Published: 2026-07-21T15:18:00.000Z
- Updated: 2026-10-24T15:21:16.000Z
- Author: Emile Biraud

Le cap symbolique a été franchi. Dans sa dernière étude, Deezer (seule plateforme faisant preuve de transparence à ce sujet) déclare qu’en juin, plus de la moitié des nouveaux titres uploadés sur sa plateforme ont été créés par IA générative, un chiffre qui s’élevait à 10% des uploads quotidiens en janvier 2025.  
  
Une hausse due à deux facteurs combinés : plus de contenus IA mis en ligne, et un outil de détection maison de plus en plus performant.

"Ma conviction, c'est que le vrai chiffre est probablement encore plus élevé."**— Alexis Lanternier, CEO de Deezer, pour LOUD**

Le vrai sujet n'est pas l'IA elle-même. C'est la fraude qui se cache derrière : jusqu'à 85% des streams sur les morceaux IA seraient générés par des bots dans le but de générer un revenu sur le dos des plateformes.

Deux profils de fraudeurs sont identifiés : ceux qui usurpent l'identité d'un vrai artiste (rare, plus complexe), et la masse de comptes générés au hasard, juste pour avoir une piste audio streamable.

"La probabilité d'être frauduleux, quand on a une chanson IA, est 30 fois plus élevée. (...) C’est parasitaire, et il n’y a aucun cas où ce sont des chansons que les abonnés veulent vraiment écouter."**— Alexis Lanternier, CEO de Deezer, pour LOUD**

Avoir les stats, c’est super. Lutter contre la prolifération de ce genre de pratiques : c’est mieux. Depuis fin 2024, Deezer développe son propre système de détection en interne pour identifier, tagger, démonétiser et, à l’avenir, supprimer ces titres générés artificiellement pour frauder.

"Nous ne sommes pas en croisade contre l'IA, c'est une question de protection de la rémunération des artistes humains et d'expérience utilisateur. \[…\] Si un auditeur s’attache à un artiste avant de s'apercevoir qu’il n’existe pas, c’est pas bon. IA ou pas, les gens veulent de la transparence"**— Alexis Lanternier, CEO de Deezer, pour LOUD**

En effet, selon une étude Deezer/Ipsos menée en novembre dernier : la majorité des utilisateurs ne sont pas gênés qu'un artiste utilise l'IA comme outil. En revanche, 80 à 87% (en France) veulent savoir quand un contenu est fait à 100% par IA.

Oui, cette quête de détection apparaît comme un rocher de Sisyphe. Identifier un morceau créé avec Suno (leader des IA génératives musicales) semble possible, détecter un titre né de l’une des nombreuses IA open source qui apparaissent chaque jour paraît compliqué.

"C’est un challenge infini, les fraudeurs trouveront toujours de nouvelles techniques. C’est un jeu du chat et de la souris assumé, le modèle progresse petit à petit, l’important c’est de limiter ces pratiques en développant un outil, pour nous, que l'on propose aux concurrents et aux ayants droit"**— Alexis Lanternier, CEO de Deezer, pour LOUD**

Pour Deezer, la vraie solution ne viendra pas uniquement de la loi, trop lente face à l'IA générative, mais des accords directs entre labels et plateformes IA, sur le modèle Suno-Warner ou Udio-Disney.

Quelques angles morts subsistent tout de même, dans les marges de chaque camp : quel deal pour les artistes indépendants ? Est-ce que les modèles d’IA génératifs exotiques respecteront lesdits accords ? Rien n’est moins sûr.

Pour ce qui est de la fraude consistant à inonder les plateformes avec des milliers de titres IA, une solution simple pourrait être de limiter les uploads journaliers par utilisateur, mais là aussi : nouvel angle mort.

Les plateformes de distribution intermédiaires (type DistroKid) vivent des abonnements des uploaders et n’ont donc aucun intérêt économique à limiter la fraude. Toutefois, des concurrents comme TuneCore ont déjà fait un premier geste en retirant les morceaux générés par IA… Deezer appelle les autres acteurs à suivre.En bref : des pistes existent. Accords labels/IA, détection plus fine, limitation des téléchargements, mais rien n’est encore réglé, et le problème continue de grossir plus vite que les solutions.   
  
En attendant, ce sont les mêmes qui trinquent : les artistes et les ayants droit, dont le travail continue d'être pillé pour entraîner des modèles et alimenter des catalogues frauduleux, sans réel rapport de force face aux plateformes d'IA générative.